Si vous vous posez la question de comment réduire vos impôts c’est une bonne nouvelle en soit. Vous avez réalisé un chiffre d’affaires suffisant pour devoir de l’argent à l’Etat. Mais il existe un certain nombre de dispositifs (mis en place par l’Etat lui-même, nous resterons ici dans la légalité !) pour vous permettre de réduire un peu votre imposition. Il y en a un auquel on ne pense pas vraiment de manière automatique et qui peut avoir un effet conséquent lorsque l’on est indépendant.

Fin du suspens, nous vous présentons ici comment réduire vos impôts grâce au PER (Plan Epargne Retraite) 👇

Section 1 : Epargner pour plus tard, gagner dès aujourd’hui

Pourquoi commencer le plus tôt possible ? 

La première raison pour souscrire à une retraite complémentaire est évidemment la préparation de sa retraite. En tant qu’indépendant, cotiser le plus tôt possible pour s’assurer un complément de revenu à la retraite est devenu une nécessité. 

Mais si on n’y pense pas de manière automatique, cotiser pour sa retraite (et donc pour plus tard) peut avoir un effet bénéfique immédiat. Le faire le plus tôt possible vous permettra non seulement d’accroître votre capital (grâce aux intérêts composés) mais également de réduire vos impôts. 

Comment fonctionne la réduction d’impôts ?

Précisons ce que l’on entend par réduction d’impôts. Les cotisations retraite que vous allez verser sur votre PER vont venir en déduction de votre revenu imposable (ou de votre CA – voir section 3 les spécificités par statut). 

-> Prenons un exemple : 

Camille est célibataire et sans enfant, elle déclare un revenu de 60 000 €. Elle a versé 5 000 € sur sa complémentaire. Le calcul de son impôt ne se fera plus sur 60 000 € mais sur 55 000 €.

Initialement, Camille aurait dû payer 11 920 € d’impôts. Mais en versant 5000 € en 2022 sur son PER, Camille va seulement payer 10 421 € d’impôts sur le revenu. Une économie non négligeable de 1 500 €. 

Pour savoir combien vous pourriez économiser cette année, calculez votre économie d’impôt (simulateur fiscal gratuit et sans engagement).

Est-ce obligatoire ?

Vous aurez dans tous les cas un avantage fiscal en souscrivant à un PER. Cependant, si vous n’êtes pas ou peu imposés aujourd’hui vous pouvez choisir de le conserver pour le moment où vous récupérerez votre argent. 

Vous choisissez de déduire ou non vos versements, c’est aussi simple que cela. Et pas de panique, avec la retraite complémentaire Caravel vous pouvez modifier ce choix en 1 clic depuis votre espace personnel selon l’évolution de votre situation.

Les questions à vous poser : avez-vous besoin d’une réduction d’impôt maintenant ? Dans ce cas, choisissez la déductibilité des versements. Serez-vous plus imposé dans les années à venir ? Dans ce cas, vous pouvez conserver l’avantage pour plus tard. 

La reco : si vous êtes imposés, profitez-en pour réduire vos impôts dès aujourd’hui. 

Section 2 : La fiscalité du PER en détails

Exemple concret détaillé

L’exemple ci-dessus vous donne une idée du fonctionnement global. Mais, comme vous vous en doutez quand on parle de fiscalité ce n’est pas si simple. Pour comprendre le calcul précédent et aller plus loin il nous faut ajouter une notion complémentaire : le TMI ou taux marginal d’imposition.

L’avantage fiscal du Plan Épargne Retraite individuel est d’autant plus important que le Taux Marginal d’Imposition est élevé.

Pour rappel, le TMI est le taux auquel vos revenus seront taxés. Retrouvez le barème ci-dessous.

Barème progressif 2022 applicable aux revenus de 2021

Tranches de revenus Taux d’imposition à appliquer sur la tranche correspondante (ou tranche marginale d’imposition)
Jusqu’à 10 225 € 0 %
De 10 226 € à  26 070 € 11 %
De 26 071 € à 74 545 € 30 %
De 74 546 € à 160 336 € 41 %
Plus de 160 336 € 45 %

Si vous déclarez un revenu net de 30 000 €, vous êtes donc à un TMI de 30% (considérons un.e célibataire sans enfant qui compte donc pour 1 part fiscale). Votre impôt sera calculé ainsi : 

  • (30 000 – 26 071)*30% = 1 178,70 €
  • (26 070 – 10 226)*11% = 1782,84 €

Vous devrez donc payer 2 921,54 € d’impôts.

Calculons maintenant votre économie d’impôt en ayant ouvert un plan épargne retraite.

Scénario 1 

Pour un versement de 3 000 €, on prendra donc en compte un revenu de référence de 27 000 € et non plus de 30 000€. 

Nouveau calcul  

(27 000 – 26 071)*30% = 278,70

(26 070 – 10 226)*11% = 1782, 84 €

Le nouvel impôt sera de 2 061,54 € et non plus 2 921,54 € soit une économie réalisée de 860 €.

Scénario 2 

Pour un versement de 5 000 €, on prendra donc en compte un revenu de référence de 25 000 € et non plus de 30 000 €. 

Nouveau calcul 

(25 000 – 10 226)*11% = 1 625,14 €

Soit une économie d’impôt de 1 296,40 €.

Plafonds

Je vous vois vous dire mais quelle sacrée opportunité ! Attention tout de même aux plafonds. Dans les grandes lignes, il est égal à 10% de vos revenus. En réalité, il peut être plus avantageux car vous bénéficiez d’un cumul sur les années où vous ne l’avez pas utilisé. 

L’information se trouve sur la page 3 de votre avis d’imposition.

Nous reviendrons plus en détails sur les plafonds dans le cas où vous cotisez à titre professionnel en partie 3. 

Comment remplir ma déclaration d’impôts avec un PER ?

Sur la déclaration d’impôts 2022, vous déclarez les versements faits sur votre ou vos PER(s) en 2021.

Les cases à compléter pour remplir votre déclaration d’impôts avec un PER vous sont résumées dans le tableau ci-dessous. 

Par exemple, pour déclarer vos cotisations versées sur les nouveaux plans d’épargne-retraite déductibles du revenu global, c’est-à-dire notamment les versements de vos PERs individuels ou collectifs, il faut remplir la case « 6NS » avec le montant versé. Vous pouvez retrouver cette case dans la rubrique « charges déductibles ».

Exemple : Prenons l’exemple de Sophie qui a mis de côté 5 000 € sur son PER individuel en 2021. Elle est seule dans son foyer fiscal et décide de déduire ce montant de son revenu imposable. Il faut qu’elle déclare cela de la façon suivante :

Section 3 : Les spécificités par statut

Nous vous en parlions déjà dans un article précédent, la meilleure façon de préparer sa retraite en tant qu’indépendant dépend beaucoup de son statut. 

Le cas de la  micro-entreprise

Si vous êtes micro-entrepreneur il y a un premier niveau de lecture. 

-> si vous avez opté pour le versement libératoire (et que vous n’avez pas d’autres revenus que votre micro-entreprise), il ne sera pas utile de déduire vos cotisations.

-> si vous n’avez pas opté pour le versement libératoire, vous pourrez déduire vos cotisations retraite. En revanche vous ne pourrez le faire qu’à titre personnel, puisque les charges ne sont pas déductibles en micro-entreprise. Si vous avez des revenus complémentaires à votre micro-entreprise, la déduction se fera sur la totalité de vos revenus.

Le cas de la SASU

-> vous êtes assimilé salarié. Ainsi, vous pouvez déduire vos cotisations à titre personnel. En revanche pour pouvoir déduire depuis votre société il faudra impérativement que vous ayez un salarié (autre que vous-mêmes). 

Attention : si vous vous rémunérez uniquement en dividendes vous ne cotisez à aucune retraite obligatoire, il est d’autant plus important dans ce cas de souscrire à une complémentaire retraite.

Le cas de l’entreprise individuelle EURL / EIRL / EI

-> dans ce cas-là vous pouvez cotiser à titre personnel ou professionnel (via votre entreprise). En tant que TNS, vous pouvez verser des cotisations sur votre PER directement depuis votre compte en banque professionnel et déduire vos cotisations de votre bénéfice imposable. 

Prenons l’exemple d’une EURL X. Le gérant majoritaire cotise à la sécurité sociale des indépendants à un taux moyen de 45%. Il perçoit une rémunération mensuelle de 5 000 €, soit 60 000 € par an, et souhaite préparer sa retraite en versant sur un PER la somme de 4 000 €.

Il a le choix de faire prendre en charge les versements PER par sa société ou de les effectuer personnellement.

Après calculs, que le gérant effectue directement le versement ou que celui-ci soit opéré par la société, le résultat en termes d’impôt et de cotisations sociales est le même !

Seuls les plafonds de déduction varient selon l’option choisie. Pour calculer le plafond il faut distinguer 2 cas :  

  • Vous exercez au sein d’une structure à l’IR, le plafond se calcule comme suit : 
  • 10 % du bénéfice imposable dans la limite 32 908 € (soit 10% de 8 fois le PASS 2021), auxquels s’ajoutent 15% de la fraction du bénéfice imposable comprise entre un et huit PASS 2021, soit 43 192 €. Le plafond maximum atteignable est fixé à 76 101 €
  • ou, si plus favorable, 10% du montant annuel du PASS 2021, soit 4 113 €

Notes : Le bénéfice imposable correspond à la somme des BIC & BNC nets. Les cotisations sont comptabilisées comme des « cotisations facultatives », elles viennent en déduction de mes revenus professionnels.

  • Vous exercez au sein d’une structure à l’IS :  
  • 10 % de mes revenus de gérance ou traitements et salaires, dans la limite 32.908 € (soit 10% de 8 fois le PASS 2021), auxquels s’ajoutent 15% de la fraction de mes revenus de gérance ou traitements et salaires comprise entre un et huit PASS 2021, soit 43.192 euros, versée pendant l’année calendaire.
  • Au global, les versements sont déductibles dans la limite d’un montant maximum de 76 101 €.
  • ou, si plus favorable, 10% du montant annuel du PASS 2021, soit 4 113 €.

La première question à vous poser est de savoir ce que vous avez mis en place pour demain. La deuxième est de savoir si les solutions trouvées pour placer votre argent pour plus tard sont en accord avec vos valeurs (on l’oublie trop souvent, notre épargne est bien notre 1er poste d’émission de CO2). La troisième est de vous demander comment optimiser tout ça. Préparer le futur commence le plus tôt possible et peut même vous permettre de gagner dès aujourd’hui. Mais si vous avez bien lu l’article, vous le savez déjà !