Article proposé par Gregoire d’Aboville – Jump. Jump vous permet de bénéficier d’un CDI de fiches de paies tout en restant indépendant.

Votre décision est prise, vous voulez devenir freelance. Sauf que se pose désormais la question de quel statut juridique choisir pour exercer votre activité en tant qu’indépendant. Connaissez-vous le portage salarial ? Est-ce fait pour vous ? 

Pour le savoir, voici les 5 questions indispensables à se poser avant de se lancer en portage salarial.

Qu’est-ce que le portage salarial ?

Le portage salarial est un cadre légal qui permet à un indépendant de bénéficier d’un contrat de travail en CDI, tout en exercant en tant que freelance.

Pour cela, il s’appuie sur une relation tripartite entre :

  • le salarié porté (le freelance) ;
  • l’entreprise de portage salarial ;
  • l’entreprise cliente ;

D’une part, un contrat de travail lie le salarié porté et l’entreprise de portage salarial. Dès lors, le freelance bénéficie de tous les avantages du salariat (couverture sociale, bulletins de paie, etc.), tout en conservant sa liberté (liberté de choisir ses missions et ses clients, de gérer son temps, etc.). C’est la société de portage qui facture les prestations aux clients et qui gère toute la partie administrative de l’activité du freelance (déclaration des cotisations Urssaf, prélèvement de l’impôt sur le revenu, etc.). En contrepartie, la société de portage prélève des frais de portage sur son chiffre d’affaires.

D’autre part, un contrat commercial est conclu entre le salarié porté et son client, afin d’encadrer leur relation. Cela inclut notamment le contenu de la mission, sa durée, son prix, etc. Si vous êtes Malter, un simple devis signé avec un client fera office de contrat commercial.

Maintenant que vous savez ce qu’est le portage salarial et comment il fonctionne, passons aux 5 questions essentielles à se poser avant de se lancer sous ce statut.

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Question 1 : Êtes-vous éligible au portage ?

Pour pouvoir s’inscrire auprès d’une entreprise de portage salarial, vous devez respecter quatre conditions d’éligibilité : 

  1. avoir la qualification professionnelle requise ;
  2. générer un revenu minimum ;
  3. exercer une activité compatible avec le portage ;
  4. être résident français, avoir la nationalité française ou une nationalité européenne ou une autorisation de travail non reliée à un employeur.

Condition 1 : Avoir la qualification professionnelle requise

La convention collective de branche des salariés en portage salarial du 22 mars 2017 impose que le salarié porté ait obtenu un diplôme de niveau Bac +2 ou supérieur dans le domaine d’activité dans lequel il souhaite travailler en freelance. Si ce n’est pas le cas, il doit justifier d’une expérience d’au moins 3 ans dans ce même domaine d’activité.

À défaut de remplir cette condition de qualification professionnelle, vous ne pouvez pas prétendre au portage salarial.

Condition 2 : Générer un revenu minimum

Cette même convention collective exige que le salaire minimum du salarié porté soit équivalent à 85% du plafond de la sécurité sociale de 2017 soit un brut mensuel de 2 778 €.

Généralement, les entreprises de portage salarial traduisent cette obligation par l’application d’un seuil minimum de 300 € de taux journalier moyen (TJM). Cela signifie que vos tarifs en tant que freelance ne peuvent pas aller en deçà de ce seuil.

Condition 3 : Exercer une activité recevable

Il est également important de savoir que les professions libérales réglementées comme avocat ou architectes ne peuvent pas accéder au portage salarial. En effet, elles sont rattachées à leur propre convention collective.

Par ailleurs, en pratique, la plupart des sociétés de portage excluent les activités de vente de produits. Cela s’explique par le fait qu’elles craignent de voir leur responsabilité engagée en cas de produits défectueux. De plus, cela complexifierait énormément les questions relatives à la TVA.

Enfin, il n’est pas possible de facturer des particuliers, ce qui exclut de facto les métiers du service à la personne.

De manière générale, les freelances qui exercent une activité non-réglementée dans un cadre B2B peuvent être éligibles au portage salarial. À titre d’exemple, nous pouvons citer les ingénieurs logiciels, les chefs de projet IT, les consultants en stratégie, les spécialistes du marketing digital ou encore les product designers, etc.

Condition 4 : Justifier d’une autorisation de travail compatible avec le statut

Enfin, pour pouvoir se lancer en portage salarial, il est nécessaire de valider trois conditions supplémentaires liées à l’autorisation de travail :

  • Être résident fiscal français ;
  • Être citoyen français ou citoyen d’un pays de l’union européenne. Si ce n’est pas votre cas, l’entreprise de portage vous demandera de présenter un titre de séjour qui permette de travailler librement en France (qui n’est pas rattaché à un employeur précis).

Question 2 : Le portage est-il adapté à votre situation ?

Afin de savoir si le portage salarial se prête à votre situation, nous vous proposons d’en comparer les avantages et les inconvénients.

Les avantages du portage salarial

Comme tous les freelances, le salarié porté jouit d’une grande liberté dans son travail. Il est autonome dans la réalisation de ses missions, et il a la possibilité de choisir ses clients, son temps et son lieu de travail.

Ensuite, le portage salarial lui offre des avantages spécifiques.

Tout d’abord, la simplicité. En effet, les démarches pour s’inscrire dans une société de portage sont simples et rapides. Vous pouvez démarrer en quelques jours seulement. Puis, au cours de votre activité d’indépendant, vous n’avez pas à vous soucier des questions administratives et comptables. L’entreprise de portage salarial gère tout cela pour vous.

De plus, contrairement au statut d’auto-entrepreneur, le portage vous permet de déduire vos frais professionnels de votre chiffre d’affaires. Cela est particulièrement intéressant si vous avez des frais élevés (logiciels, déplacement, abonnements à des outils, etc.).

En outre, les salariés portés bénéficient d’une couverture sociale complète. Ils cotisent à l’assurance chômage, à l’assurance maladie, ainsi qu’au régime de retraite de base et à la complémentaire. Ils sont également affiliés à un organisme de mutuelle et à un régime de prévoyance complémentaire.

D’autre part, les salariés portés disposent d’un contrat de travail et de bulletins de salaire. Cela facilite l’accès à un crédit immobilier, et même à la location par rapport à un entrepreneur en micro-entreprise par exemple. Le portage salarial induit la stabilité, mais aussi votre capacité à générer au moins 300 € par jour puisqu’il s’agit du TJM minimum requis pour s’inscrire. Pour emprunter, vous devrez présenter au moins 3 bulletins de salaire en portage (idéalement avec un salaire stable) et une attestation de fin de période d’essai fournie par votre société de portage.

Les inconvénients du portage salarial

Comme tout statut juridique, le portage salarial présente aussi certains inconvénients.

Par exemple, il est plus cher que le statut d’auto-entrepreneur. En effet, en micro-entreprise, les cotisations sociales s’élèvent à 22 %, tandis qu’en portage salarial ces charges sont de l’ordre de 45 %. Toutefois, la couverture n’est pas la même.

Par ailleurs, un salarié porté ne peut pas embaucher ou vendre son entreprise quand il décide d’arrêter. Ce n’est donc pas un statut adapté si vous souhaitez monter une entreprise.

Enfin, comme nous l’avons vu précédemment, les conditions d’accès au statut sont relativement restrictives.

Question 3 : Quels sont les risques liés au portage ?

En tant qu’indépendant, le salarié porté encourt principalement le risque de perdre du temps s’il ne choisit pas un statut adapté à sa situation. 

Mais concrètement, ce risque est plutôt réduit. Effectivement, l’inscription est rapide et gratuite, et il n’y a pas de durée d’engagement. Vous pouvez donc changer de statut à tout moment si finalement le portage salarial ne vous convient pas.

L’autre risque lié au portage salarial concerne les frais cachés. Certaines sociétés comprennent peu de services dans leur offre de base. Or, l’ajout d’options peut rapidement faire grimper la facture des frais de portage.

Question 4 : Combien va me coûter le portage ?

En moyenne, les frais de portage salarial sont compris entre 5 et 10 % de votre chiffre d’affaires. Cependant, certaines sociétés de portage comme Jump ou UnCDI proposent un forfait unique de 79 € HT par mois.

Viennent s’ajouter aux frais de portage, les cotisations sociales. Elles représentent 45 % du chiffre d’affaires environ.

Enfin, il faudra prendre en compte le coût de la mutuelle et de la prévoyance, obligatoires, et 100% à votre charge. Selon les sociétés de portage, le coût est compris entre 40 et 70 € par personne couverte.

D’autre part, les coûts du portage salarial sont à mettre en balance avec les charges engendrées par le choix d’un autre statut juridique. En portage salarial, vous n’avez pas à payer de frais de création de société, ni à régler de frais bancaires, de frais de comptabilité ou à souscrire à une assurance.

Question 5 : Comment se lancer en portage ?

Si au regard des réponses apportées aux questions précédentes, vous pensez que le portage salarial est fait pour vous, alors voici les étapes à suivre pour vous lancer :

  1. Trouvez votre premier client. Vous pouvez le faire plus tard, mais en ayant un client dès le départ, vous gagnerez du temps, car vous pourrez réaliser toutes les démarches en une seule fois ;
  2. Choisissez votre société de portage. Plusieurs critères sont alors en prendre en compte comme les services proposés, les frais de portage, ou encore la qualité de l’accompagnement. Si vous êtes Malter, vérifiez bien les différentes étapes pour rattacher votre compte Malt à votre société de portage.
  3. Inscrivez-vous auprès d’une entreprise de portage salarial ;
  4. Créez votre mission de portage. Il est alors nécessaire d’indiquer toutes les informations relatives à votre mission comme sa nature, sa durée, le tarif pratiqué, etc. ;
  5. Signez votre contrat de travail avec la société de portage;
  6. Facturez vos clients en renseignant les informations dans l’outil de facturation fourni par la société de portage. C’est cette dernière qui s’occupe d’encaisser le chiffre d’affaires et de le traiter comptablement. Si vous êtes Malter, chaque fin de mois votre client final devra signer un Compte Rendu d’Activité (CRA). Si le CRA est validé, alors Malt enverra directement la somme due à votre entreprise de portage.
  7. Recevez votre salaire. Chaque mois, vous indiquez le salaire à vous verser en fonction de votre chiffre d’affaires. L’entreprise de portage salarial édite votre bulletin de paie, paie les cotisations sociales et fait le virement sur votre compte bancaire.

Prêt à vous lancer ? À vous !