Le freelancing, accélérateur digital dans un grand groupe 

Anciennement appelé la “Compagnie française des pétroles”, le Groupe Total fête cette année ses 97 ans d’existence. Pour ce fleuron de l’industrie lourde, la transformation digitale est plus que jamais un enjeu majeur. Mais, si l’entreprise a déjà bien entamé sa digitalisation, elle fait face à un manque de compétences techniques et, plus largement, de “culture digitale”. Face à ce contexte, Michel Centeno, Directeur stratégie et Digital de Total Wash (filiale du Groupe spécialisée dans le lavage) a choisi de monter des équipes hybrides, où se mêlent talents internes et consultants freelance, convaincu que l’échange et la transmission conduisent à la réussite des projets de transformation.  

Bonjour Michel, pouvez-vous nous présenter l’organisation de votre équipe au sein de Total Wash ? 

L’équipe digitale de Total Wash se divise en trois : nous avons une équipe interne qui est très orientée client, un partenaire historique avec lequel nous collaborons depuis 2017 qui  s’occupe du développement back-end et des consultants freelance que nous avons sélectionnés sur Malt, avec qui nous travaillons depuis maintenant 1 an et demi.

C’est donc une équipe hybride où tout le monde doit essayer de s’intégrer et de communiquer ensemble. Ce n’est pas forcément évident tous les jours mais cela apporte beaucoup de richesse à l’entreprise. 

Dans quel contexte avez-vous eu besoin de faire appel à des freelances ? 

D’abord, il y a la conjoncture actuelle liée à la crise Covid-19 qui n’est pas forcément propice aux embauches. Puis, le fait que le Groupe Total soit en pleine transformation et souhaite se concentrer sur les énergies renouvelables et la nouvelle mobilité. Il faut donc plus que jamais être pragmatique et trouver un modèle d’organisation qui nous permette de suivre notre road map. Le freelancing, c’est selon moi la manière la plus directe, transparente et efficace pour accéder aux compétences dont on a besoin. 

Pensez-vous que ce modèle d’équipe hybride soit justement le modèle à suivre ? 

La situation actuelle impose que l’on soit agile et flexible, et nous devons trouver les bonnes personnes, qui ont aussi un bon état d’esprit. Car si les compétences sont importantes, il faut que les freelances puissent s’intégrer humainement à l’organisation. C’est d’ailleurs selon moi ce qui prime.

L’adaptabilité, l’état d’esprit, les relations humaines : vous soulignez l’importance des « soft skills » chez les freelances, pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ? 

Chez Total Wash ou dans d’autres entités du Groupe on ressent très clairement les bénéfices de ses “soft skills”. Comme tout le monde le sait, nous avons un ADN très porté vers l’industrie lourde. C’est pourquoi nous avons absolument besoin de nous entourer de personnes qui vont nous apporter leur expérience digitale et nous montrer d’ailleurs ce qu’est le digital au quotidien. C’est quelque chose qui manque au sein du groupe et qui est encore très abstrait. Les équipes capitalisent donc sur les expériences et les connaissances apportées par les freelances. Derrière, c’est aussi décisif si l’on veut que la transition digitale ne se passe pas dans la douleur. Nous n’avons pas encore les ressources internes qui ont ce niveau de compétences, d’expérience et cet état d’esprit. Nous ne sommes pas un Google ou un Amazon et n’avons pas toujours ces réflexes digitaux. Quand on s’adresse à des freelances sur Malt qui ont 10 ans d’expériences on capitalise naturellement la dessus. 

Comment faites-vous pour trouver les bons freelances ? 

Je pense que cela se passe exactement comme un recrutement classique, il ne faut pas chercher à avoir des astuces spécifiques au freelancing. C’est une rencontre humaine et il faut que ça “matche” absolument avec le reste de l’équipe. 

Par rapport à la maturité des différents sujets digitaux, j’essaie de trouver des freelances qui ont eu par le passé ce type d’expérience, j’adapte ma recherche si c’est un produit qui est en amorçage ou en plein développement. 

Je cherche la rencontre humaine, le bon état d’esprit, quelqu’un capable de s’adapter à l’organisation hybride. Quelqu’un de “trop classique” vis-à-vis de ce type d’organisation ne s’épanouirait pas au sein de l’entreprise.

En quoi diriez-vous que les consultants freelance participent à façonner la culture digitale de l’entreprise ? 

Il y a un travail de culture digitale au sein de l’entreprise, au niveau du top management, qui doit s’opérer pour pouvoir “séduire” demain les meilleurs profils. Un développeur va  potentiellement plus naturellement aller vers une entreprise 100% tech qu’un groupe en transformation car elles ne vont pas être perçu avec le même niveau de valeur. Cela va prendre du temps, mais je suis certain que dans les 5 ou 10 prochaines années, nous aurons des recrutements de développeurs qui vont être associés à des freelances et que ce sont les modèles hybrides qui vont s’imposer.

Quelle vision portez-vous sur l’avenir du freelancing  ? 

Je pense qu’effectivement, pour les grands groupes qui ne partent pas sur la même base que les nouvelles sociétés qui sont nées dans le digital et qui sont complètement vierges, c’est “plus facile”. Dans les grands groupes comme Total ou il y a un nombre d’employés considérable, quand on parle de transformation digitale cela ne se fait pas en 5 ans, c’est plutôt en dizaine d’années. On aura de plus en plus besoin de freelances capables d’apporter leurs compétences et leurs savoir-faire au sein des grands groupes

Après c’est aussi un mode de vie qui plait de plus en plus. C’est une tendance de fond qui  est très forte aujourd’hui. Et si l’offre et la demande sont à la hausse, il n’y a pas de raison que la vague s’estompe.

(Re)découvrez l’intégralité de la conférence ici :