Laurent Carrie est responsable de la Tech Factory – une entité qui évolue au sein de l’IT global de L’Oréal. Celle-ci a pour vocation et mission principale de déployer des plateformes et solutions technologiques pour l’ensemble des projets digitaux de L’Oréal – de manière à accélérer la stratégie de beauty tech du groupe. Bref : la Tech Factory agit précisément là où créativité et innovation se rencontrent ! 

Créer, révolutionner, solutionner, inventer et réinventer… C’est précisément pour concrétiser et donner vie aux ambitions du groupe sur ce secteur numérique en pleine expansion que Laurent et ses équipes font régulièrement appel à des freelances experts. 

Il nous raconte aujourd’hui – anecdotes, conseils et points clés à l’appui – sa vision des collaborations freelances-entreprises dans le monde de la tech. 

Bonjour Laurent ! Pour nous donner un peu de contexte, pouvez-vous nous dire quels sont aujourd’hui vos principaux challenges en tant que Responsable de la Tech Factory ? 

Premièrement : la pénurie de talents ! Nous avons en effet beaucoup de difficultés à trouver les bons profils au bon moment. Ce qui est un véritable enjeu, plus encore pour répondre à la deuxième problématique que nous affrontons – à savoir, la vitesse d’exécution des projets dans un monde de plus en plus rapide. 

Enfin, il y a bien sûr un véritable défi d’adaptation sur le mode de travail hybride : nous devons aujourd’hui avoir des équipes formées aux méthodes de travail Agile et Devops. 

S’agissant du recrutement de talents à proprement parler, quels sont les défis que vous avez à relever ?

Comme je le disais, il y a une réelle pénurie de talents – et pas qu’en France, car c’est la même chose à échelle européenne ou mondiale. Nous nous en rendons bien compte au sein d’un groupe international comme L’Oréal : il y a les mêmes difficultés en France qu’à l’étranger ! 

Pour le dire plus clairement : nous avons de grandes difficultés à trouver les talents que nous recherchons – que ce soit pour un contrat type CDI… ou même en freelance ! 

Il y a en effet une tension sur tous les types de recrutement sur le marché de la tech, et tout particulièrement concernant certains profils – autour du cloud, du devops ou même de la data science, pour ne citer que ces exemples. 

Quelle stratégie avez-vous mise en place pour répondre à vos besoins de recrutement ?

Au sein du groupe L’Oréal, nous avons mis en place différents types de stratégies : à la fois au niveau des politiques de recrutement pour attirer les talents en CDI ; mais aussi pour attirer les meilleurs freelances – pour proposer des missions intéressantes à un certain nombre de partenaires externes. 

Nous avons à ce sujet déployé une stratégie pour avoir des relations durables avec certains de nos gros partenaires et prestataires – précisément dans le but d’anticiper, et d’avoir un “gisement” de profils suffisant pour répondre à toutes nos ambitions.

Depuis quand et dans quel cadre faites-vous appel à des freelances ? 

Nous travaillons avec des freelances depuis des années au sein de mes équipes, mais le contexte a changé aujourd’hui. Car l’apparition de plateformes telles que Malt, qui permettent d’échanger et de sélectionner les bons profils, a permis d’accélérer le processus de recrutement. Cela nous permet d’être beaucoup plus réactifs. 

Le plus souvent, nous faisons appel aux freelances pour un projet donné – pour lequel nous devons constituer une équipe très rapidement. Mais nous pouvons aussi avoir besoin d’une expertise spécifique sur des missions très courtes ! 

Selon vous, qu’est-ce qu’un freelance apporte à vos équipes ? 

Tout d’abord, un freelance apporte une expertise qui manque en interne – sur un projet ou une technologie donnée. Mais il peut aussi apporter un regard neuf sur nos problématiques et besoins client. 

Disons que le freelance peut éventuellement capitaliser sur ses précédentes missions avec d’autres clients pour nous offrir des solutions pertinentes et innovantes !

Pouvez-vous nous raconter comment se passent les choses pour vous, entre la phase de recherche du freelance et la phase de début de mission ? 

Disons qu’entre le moment de l’expression du besoin et l’arrivée du freelance…Il s’écoule parfois quelques semaines. En général, le plus gros du travail est de bien exprimer le besoin que nous avons, de manière à avoir un recrutement fluide. À partir de ce moment-là, le profil peut être trouvé rapidement, grâce aux plateformes comme Malt, par exemple. 

Ensuite, et une fois que nous avons trouvé le “bon” talent, nous prenons généralement un peu de temps avant le début de mission – pour des questions de process internes de passage de commande. 

Mais globalement, nous arrivons aujourd’hui à trouver des profils très très rapidement et le temps écoulé entre la phase de recherche et le début de mission est divisé par 4 ou 5, par rapport à nos anciennes pratiques. 

Quelles sont les stratégies que vous mettez en place pour attirer et retenir les freelances ? 

Pour attirer et retenir les meilleurs talents en freelance, nous faisons appel à des plateformes, comme Malt, qui nous permettent d’accéder à un gisement de profils tech suffisamment étoffé pour répondre à nos besoins et enjeux. 

Mais nous sommes aussi très attentifs aux missions que nous proposons – car nous souhaitons qu’elles aient une réelle valeur ajoutée – à la fois pour le freelance mais aussi pour L’Oréal – afin que les deux parties soient gagnantes dans cette collaboration. 

Nous parlons aujourd’hui beaucoup d’équipes “mixtes” ou “hybrides” mêlant talents externes et salariés… Que pensez-vous de cette nouvelle organisation du travail ? 

Il est vrai que le fait d’intégrer des freelances au sein d’une équipe de collaborateurs (qui peut-être aussi composée d’autres sociétés), nécessite de déployer de nouvelles façons de travailler. D’autant qu’avec la pandémie de COVID-19 et l’explosion du travail à distance, nous avons dû également nous adapter à de nouveaux modes d’organisation.

Je pense donc qu’il y a une acculturation à faire… Mais aussi et surtout que le plus important dans ce type d’équipes est de bien définir le rôle de chacun !  

Partant de là, et si l’on applique des méthodes Agiles (avec des backlogs bien définis, des sprints etc…), il me semble que l’incorporation des freelances se fait de manière assez naturelle. 

Avez-vous un exemple de projet à succès mené de front par des équipes mixtes à nous raconter ?

Récemment, nous avons eu une mission qui est un parfait exemple du travail collaboratif que l’on peut accomplir avec un freelance, et de sa valeur ajoutée : nous avons fait appel à un expert mobile, via Malt, pour un projet sur les développements mobiles. Le recrutement de ce talent nous a permis de préciser et de finaliser un processus de publication des applications mobiles de l’Oréal sur les principaux stores publics. 

Ce travail en parfaite collaboration avec les équipes internes a permis de délivrer ce projet rapidement. Auparavant nous n’aurions jamais pu faire ce travail dans des délais aussi courts, car nous n’avions pas les compétences en interne !

Quelles sont les clés, selon vous, d’une collaboration réussie entre freelances et salariés ? 

Pour qu’une mission se passe bien, et qu’une collaboration entre salariés et freelances soit efficace, je pense que le principal catalyseur sera de parler le même “langage”. 

Les principes des méthodes Agile et Devops sont précieux en ce sens, puisqu’ils permettent aux équipes et aux freelances d’avoir les mêmes rituels et process de travail – comme les sprints, le backlog, le standup meeting… Ces méthodes permettent en effet d’intégrer des personnes qui n’appartiennent pas au monde de L’Oréal très rapidement. 

Disons que les freelances se sentent très vite à l’aise parce qu’ils ont connaissance des repères et rituels qui sont utilisés en interne. 

En quoi, le fait de collaborer avec un partenaire comme Malt participe à simplifier vos collaborations et celles de vos équipes avec les freelances ? 

Une plateforme telle que Malt, qui propose de nombreux profils de freelances experts, nous permet d’aller beaucoup plus vite et d’être très agiles. 

En effet, un grand groupe comme l’Oréal a beaucoup de projets…Nous avons donc beaucoup de besoins. Ceux-ci varient également et connaissent des phases d’accélération ou de ralentissement – suivant ce qu’il se passe au niveau mondial ou au niveau des différentes plaques. 

Il est donc très utile pour nous d’avoir cette capacité de réactivité. Cela nous permet de trouver très vite les bons profils, mais aussi de les intégrer plus facilement à nos processus d’achat. 

Quels sont selon vous les trois principaux avantages dans le fait de passer par la plateforme Malt ? 

Le premier avantage est bien sûr d’avoir accès, via Malt, à un grand vivier de profils experts ! 

Le deuxième est le fait de bénéficier d’un accompagnement personnalisé pendant la phase de sélection et de choix du profil pour la mission. 

Enfin, nous sentons que les freelances sont aussi de leur côté accompagnés par Malt pour réussir leurs missions – ce qui les rend plus rapidement opérationnels. 

Quelle est votre vision sur l’avenir des collaborations entre freelances et entreprises ?  

Je pense que c’est un mode de fonctionnement que de nombreuses entreprises vont déployer, et de plus en plus… Justement parce que cela permet de l’agilité et de la rapidité !

Bien sûr, il y a aussi des défis, comme nous en avons parlé. Mais c’est une tendance de fond face à la pénurie des talents que les grandes entreprises affrontent aujourd’hui. 

Comment pourrait-on améliorer la collaboration freelance-entreprise à l’avenir, à votre avis ? 

Au sein de mes équipes, nous allons essayer tout particulièrement d’améliorer la phase d’onboarding, qui doit être améliorée pour mieux collaborer avec les freelances. C’est un enjeu de taille (surtout avec le travail à distance !), pour permettre au freelance d’être très vite opérationnel et “embarqué” dans le projet. 

Je pense également, comme je vous en parlais plus tôt, qu’il serait souhaitable de travailler sur le fait d’avoir des rituels qui soient connus de tous. C’est-à-dire des pratiques diffusées de manière homogène dans le monde de la tech – comme la méthode Agile et Devops. Car le fait de partager les mêmes éléments de langage permet aux freelances de mieux s’intégrer dans les équipes. 

Quel est votre prochain défi ? 

Le prochain défi auquel je pense, en ce qui concerne nos collaborations avec les freelances… C’est sans doute la question de la diversité ! 

Nous aimerions en effet pouvoir recruter des profils beaucoup plus divers ; pouvoir puiser dans un vivier de talents beaucoup plus inclusif. Par exemple : les femmes sont malheureusement fortement sous représentées dans le milieu de la tech…! 

C’est un sujet auquel nous sommes très attachés au sein du groupe L’Oréal et j’espère que le monde bougera, que les choses changeront là-dessus à l’avenir. 

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