Leader sur le marché du verre ophtalmique, l’activité d’Essilor se répartit partout dans le monde. Laurianne Thiebaut est à la tête de la DSI d’Essilor France et collabore régulièrement avec des consultants freelance via Malt. Nous l’avons rencontrée pour comprendre son mode de fonctionnement.

Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne la DSI d’Essilor ?

Il faut savoir qu’Essilor France a un mode de fonctionnement autonome, comme toutes les autres filiales en Europe. Pour schématiser, nous sommes l’équivalent d’une grosse PME au sein même d’Essilor International : avec un DG, un comité de direction et une DSI donc. C’est une petite entité avec cinq talents internes : trois chefs de projets, un leader technique et un profil d’administrateur de données. On travaille aussi avec des personnes en externe, en fonction des projets du moment. Actuellement, nous travaillons avec 22 externes, dont 80% de freelances.

Il s’agit d’une entité plutôt jeune non ?

Oui, dans son mode de fonctionnement du moins. Jusqu’à il y a 5 ans, cette entité avait plutôt vocation à être le bras armé de la DSI Europe. Il s’agissait avant tout de déployer les systèmes fournis par l’Europe : de faire de l’assistance, du support, etc. Puis, le directeur d’Essilor France s’est rendu compte qu’il y avait un vrai avantage concurrentiel à avoir une entité IT. Une entité qui serait plus qu’un acteur purement opérationnel qui implémente des systèmes standards et mutualisés. Il y a donc eu un gros travail de réinvestissement dans l’équipe. Mon prédécesseur a alors décidé de faire de la DSI d’Essilor France une force de frappe dans le développement de logiciels, pour les besoins de notre marché uniquement. Cela nous permet de développer aujourd’hui des applications très spécifiques, tirées par le métier. Dans ce cadre, nous nous sommes mis à recruter des talents externes assez rapidement. Un des premiers projets sur lequel nous avons travaillé ensemble consistait à équiper les forces de vente Essilor d’iPads et de développer les outils mobiles les plus adéquats.

Quels sont les métiers des freelances avec qui vous travaillez ?

Nous travaillons essentiellement avec des développeurs. Mais nous sommes amenés à collaborer de plus en plus avec des scrum masters, pour notamment soulager nos chefs de projets internes.

Quels sont les livrables attendus ?

Les consultants freelance avec qui nous avons déjà travaillé ont par exemple développé une application de CRM mobile sur iPad pour nos forces de vente, sur un portail B2B pour les opticiens, une application d’aide à la saisie des avoirs des clients… Nous sommes actuellement en train de nous lancer sur une application d’aide à la décision dans le magasin pour les opticiens. Elle permettra au vendeur de déterminer quel est le produit le plus intéressant à proposer à un consommateur en fonction de son équipement, son défaut visuel, sa mutuelle, etc.

Concrètement, au quotidien, comment travaillez-vous avec les freelances ? 

Nous avons toujours voulu travailler avec des petites équipes, pour garder un rapport de proximité. Au fur à mesure des années, nous avons monté une vraie relation de partenariat avec nos freelances. Nous cherchons quelqu’un qui a des convictions et qui est capable de nous challenger et pas seulement un prestataire nous disant ce que nous avons envie d’entendre.

Les freelances travaillent-ils sur place, avec vous ?

Oui, il s’agit de l’une de nos conditions obligatoires : être disponible pour travailler sur place avec les équipes. Nous avons besoin de cette émulation et de cette dynamique d’équipe. Chacun doit se sentir inclus et capable de dialoguer avec les autres branches de métiers.

Existe-t-il des freins chez Essilor dans le fait d’avoir recours à des freelances ?

Pas vraiment, car nous sommes avant tout une entité informatique dont le principal critère de succès est que cela fonctionne ! Le jour où nous avons livré notre premier projet, une application mobile permettant aux représentants de faciliter leur quotidien, cela a mis tout le monde d’accord !

Quelle est l’importance du conseil de l’équipe Malt dans votre sourcing de freelances ?

C’est capital ! Par exemple, nous avons lancé en mars un grand projet de transformation digitale, qui a fait doubler notre portefeuille de projets. Nous avions besoin de sourcer notre équipe de A à Z. Un cas difficile car nous ne savions pas avec quelle technologie ou quel environnement nous allions travailler. En plus de ça, nous cherchions vraiment des profils de moutons à 5 pattes !  Emilie, notre key account manager Malt, nous a beaucoup aidé dans nos recherches. Au-delà de sa connaissance d’Essilor, de son réseau et de la base de connaissances techniques nécessaires au projet, elle a clairement eu son importance dans la pré-sélection des profils de freelances et sur la décision finale sur le recrutement.

Quels conseils pourriez-vous donner à un professionnel qui s’apprête à travailler avec des freelances ?

Déjà, que je ne reviendrai sur ce choix pour rien au monde ! Mais je pense qu’il faut être conscient que collaborer avec un freelance, c’est aussi accepter l’expérience totale du freelancing. C’est un rôle à part entière, derrière lequel il faut reconnaître sa valeur d’expertise et avoir l’envie de grandir avec lui, dans une relation de partenaires.